Depuis plus d'une décennie, les instances politiques et scolaires se questionnent sur les stratégies à prendre pour que les filles s'intéressent davantage aux sciences. Bien que celles-ci aient souvent de meilleurs résultats académiques, la partie est encore loin d'être gagnée.
C'est un problème récurrent. Il revient périodiquement, comme un leitmotiv usé. Dans les discours des ministres et des dirigeants d'écoles de génie, d'informatique, de physique ou d'aérospatiale, le propos reste le même : les fille ne prennent pas leur juste place.
Pourtant, les filles ont plusieurs avantages. Leurs performances académiques sont souvent supérieures à celles des garçons et on apprécie leur minutie et leur sens de l'observation, deux qualités essentielles à la recherche scientifique.
Selon une récente étude de l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), les enseignantes auraient une attitude plus positive envers les filles qu'envers les garçons.
Les chercheurs de l'UQTR avaient demandé à 32 enseignantes travaillant dans une vingtaine d'écoles de Montérégie d'évaluer leurs élèves.
Sur 481 jugés attachants, 55 % étaient des filles. Ces dernières étant souvent perçues comme des élèves modèles, alors que les garçons sont plutôt décrits comme agressifs et peu dignes de confiance.
Au primaire et au secondaire, le premier de classe est généralement une fille alors que le clown de la classe est un garçon.
Des oiseaux rares
Mais malgré un bon départ, les filles dévient des carrières scientifiques au collégial et à l'université (exception faite du secteur de la santé), où elles dominent pourtant, aujourd'hui.
À l'École polytechnique de Montréal, les filles ne représentent toujours qu'un cinquième des étudiants en génie. Dans les départements de physique ou d'informatique, on ne rencontre qu'une fille pour sept ou huit étudiants.
Dans les écoles d'aérospatiale (ÉMAM et ÉNA), on fait des efforts pour mettre des filles sur les brochures corporatives mais dans la réalité, elles restent largement sous-représentées.
Les efforts pour sensibiliser les filles aux carrières scientifiques ne manquent pourtant pas. En février 2001, la Chaire Marianne-Mareschal organisait pour une deuxième année une activité de sensibilisation pour les filles à l'École de Technologie Supérieure (ETS). L'enthousiasme était au rendez-vous.
La Chaire Marianne-Mareschal bâtit aussi un réseau aînées-cadettes, une sorte de plan de marrainage favorisant les carrières scientifiques.
À Québec, la Chaire Claire-Bonenfant de l'Université Laval s'intéresse aussi à la problématique des femmes et des nouvelles technologies.