Cette année également, la culture roumaine marque un anniversaire important, inscrit au calendrier de l'UNESCO. L'année 2000, c'était "l'année Eminescu", consacrée au poète considéré par les exégètes roumains et étrangers comme le dernier grand romantique, celui qui a changé la destinée de la langue et de la littérature roumaines dans la seconde moitié du XIXe siècle.
Nous rendons maintenant hommage à Constantin Brancusi, qui, au début du XXe siècle, à un moment où la scène artistique européenne vivait avec frénésie l'aventure de la recherche de nouveaux langages formels et expressifs, a ouvert de nouvelles voies à la sculpture.
Le 125e anniversaire de la naissance de Brancusi est fêté sous toutes les latitudes. Le sculpteur qui puisait son inspiration à la source de l'héritage patrimonial, descendant jusqu'à "l'aube des archétypes" et ne signait pas ses œuvres pour se solidariser avec les valeurs anonymes de la culture symbolique, est devenu depuis longtemps déjà une gloire unanimement reconnue de l'art moderne.
Le nom de Brancusi est lié non seulement à la participation de l'art roumain au complexe culturel universel, mais notamment à la capacité du monde moderne d'élaborer des langages artistiques durables, dans une période marquée par la désacralisation, par des excès positivistes allant jusqu'à la dissolution des formes et des idéaux en faveur d'un cantonnement obsessionnel dans les "urgences quotidiennes".
"Ma vie a été une suite de miracles", disait Brancusi, arrivé à l'âge des souvenirs, de la rétrospective. Certes, l'artiste ne parlait pas d'événements miraculeux, extérieurs à son être, mais de réalités, de révélations et de rêves vécus dans le périmètre de sa propre subjectivité. Toute cette disponibilité pour une dimension extraordinaire de l'existence est la caractéristique propre de son talent. Brancusi affirmait, dans un moment de suprême inspiration: "Quand nous ne sommes plus enfants, nous sommes déjà morts".